Allada, 12 octobre 2011. – Madame Fatouma Djibril Amadou , Ministre de la Famille, des Affaires Sociales, de la Solidarité Nationale, des Handicapés et des Personnes du Troisième âge, a présidé le 11 octobre le lancement des travaux de l’atelier de validation de l’étude exploratoire des conditions d’admission et d’initiation des enfants adeptes du vodoun dans les couvents traditionnels.

La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreux acteurs clés dans le domaine de la protection des enfants notamment la Représentante Adjointe de l’UNICEF, des responsables à divers niveaux des ministères de la Famille et de l’Education, des responsables d’ONG de protection de l’enfance, des Commandants de brigade et des autorités locales, Plusieurs « Têtes couronnées » dont les rois et chefs des communes couvertes par l’étude, ceux du Conseil national des rois du Bénin, ont également pris part aux travaux.

L’étude est une initiative de l’Association Nationale pour la Défense et le Renouveau du Culte Traditionnel (ANDRCT). Elle a couvert les couvents de 5 communes du sud du Bénin : Allada, Tori, Kpomassè, Toffo et Zè. Elle a permis de recenser 157 couvents parmi lesquels 72 abritent 372 enfants en cours d’initiation. L’étude révèle que la durée d’initiation varie de 6 mois à trois ans et que les enfants adeptes sont majoritairement jeunes et en âge scolaire. En effet, un enfant sur dix est âgé de 0 à 5 ans, 1 enfant sur cinq est en âge de scolarisation dans le cycle primaire. Par ailleurs, 7 enfants sur 10 sont âgés de 11 à 16 ans, tranche correspondant souvent au premier cycle du secondaire.

L’étude qui a été réalisée par le gouvernement, avec l’appui de l’UNICEF, révèle que les enfants ne vont pas au couvent de leur plein gré. Neuf sur dix y sont enrôlés sur décision de leurs parents. S’agissant des soins de santé, l’accès à la médecine moderne est réduite ou impossible. La visite au couvent pour prodiguer des soins aux pensionnaires est réservée uniquement à l’agent de santé initié aux rites du couvent. Enfin, la scarification de masse qui a cours dans les couvents constitue un risque de contagion par rapport à certaines maladies et vient s’ajouter aux conditions d’hygiène précaires (promiscuité, absence de moustiquaires).

Pour obtenir ces résultats, «les dignitaires des cultes vodoun, maîtres du sacré, ont accepté, au prix blasphématoire, d’ouvrir les couvents à une enquête exploratoire» a rappelé Sa Majesté Kponan, roi d’Ahouannonzoun et responsable de l’Ong ANDRCT. Il les a félicités pour avoir «accepté de rentrer dans l’histoire en engageant le processus d’adaptation des pratiques cultuelles à l’aune des droits de l’enfant».

Pour sa part, la Représentante Adjointe de l’UNICEF, Isabelle Bardem a précisé qu’« il est superflu de rappeler que les enfants en initiation dans les pratiques de religions traditionnelles sont difficiles à atteindre. Au nom de l’équité, ces enfants doivent faire l’objet d’une attention particulière aux yeux des décideurs et des acteurs de protection».

Procédant à l’ouverture des travaux, Madame Fatouma Djibril Amadou, a indiqué que la «protection de l’enfant» fait référence à la prévention et à la lutte contre toutes formes de violences, d’exploitation et de mauvais traitements infligés aux enfants, y compris les pratiques traditionnelles préjudiciables à son bien-être. Elle exige le respect d’un paquet de droits dont celui à l’éducation, à la santé, aux loisirs sains, à la participation».

L’étude qui est un outil de plaidoyer auprès des gardiens de la tradition recommande de revoir à la baisse la durée et la période d’initiation des enfants, d’appuyer la réinsertion scolaire des enfants initiés, de plaider pour le vote d’une loi pour réglementer l’initiation des enfants et de favoriser les soins curatifs et préventifs adéquats aux enfants en cours d’initiation.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *